06.12.2007
Cher délateur,
Tu te gausse et jouis presque de ta logorrhée désarticulée. Tu prêches l’introspection et l’amour achetés au rabais pour moitié à ton dealer et pour moitié à la boutique ésotérique du coin de la rue. Tu ris, ho oui, tu ris, et c’est fort bien, des quolibets que tu appelles de tous tes vœux en jetant ton pavé normalisé dans une mare désorganisée de vanupieds errants.
Tu t’excites à montrer du doigt cette haine fantasmée chez le naïf, tu le pousses dans ses intimes retranchements et tu te branles, le croyant acculé à ses ultimes arguments.
Le naïf, cher délateur, n’a pas une once de ta haine perfide, non ; le naïf porte en lui toute la colère face à l’injustice – face à ton injustice, celle des lâches - qu’il ne peut comprendre dans son infini amour de l’autre.
Ton esprit est trop gourd pour saisir toute la différence qu’il y a entre haine et colère. Pourtant c’est si simple ! La haine, cher délateur, c’est ce cocktail abscons de peur et de lâcheté qui font rejeter l’autre, c’est ce qui te fait voir l’ennemi là où se trouve la victime parce que ton esprit est trop engourdi et trop ignare pour faire la différence entre causes et conséquences ; c’est ce retrait derrière l’ordre sacrosaint, cette fuite derrière la sécurité des uniformes au service de l’uniformisation, derrière ton ignorance de l’histoire, des histoires : des grandes et des petites. Ta haine ne sait que détruire. Ta haine, c’est ce rejet du sale, du faible, du qui sent mauvais, du qui pue de la gueule et des aisselles, du qui explose quand on le chatouille une fois de trop là où ça fait mal. Ta haine, c’est la peur de l’explosion de tes certitudes acquises à coup de lois, de normes, de coups de matraque, d’embastillage de tout ce qui gueule trop fort. Oui, au fond de toi tu as peur et tu as raison d’avoir peur.
Face à ta haine grandissante s’épanouit la colère des naïfs. Chaque coup de mot que tu donnes, c’est un coup de pied qui se prépare dans ton cul trop gras d’embourgeoisé sécurisé. Chaque claque virtuelle que tu ris d’avoir donné, c’est un coup de tronche qui se prépare sur ta petite gueule surprotégée.
La colère, cher délateur, quoiqu’elle frappe ne détruit pas, si ce n’est ton monde aseptisé de crétins sous vidéosurveillance. La colère des naïfs s’accumule à l’orée des normes bienpensantes que nous feignons d’accepter, résignés. Sais-tu ce qui se passe, cher délateur, quand un tel barrage cède ?
Déferlement de colère.
Chaos salutaire.
Et dans ce chaos, les premiers que la colère pend par les couilles, ce sont les délateurs.
A bientôt, cher délateur : j’ai hâte de te retrouver au prochain déferlement de colère.
00:25 Publié dans Spirale | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : délation


Commentaires
Pour mieux dénoncer:
une solution facile, tranquille mais non rémunérée
http://www.delation-gouv.fr
Ecrit par : skalpa | 09.12.2007
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