05.11.2007
Morale
La morale a jadis fait naitre des illusions. Une fois son bec cloué, à la morale, que reste-t-il de rêves minaudés au clair de lune ? Tangible réalité vs phantasme (heureusement ?) inaccessible, réalité gagnante. Douceur saccadée sans espoir : rien n’est éternel. Rien ? Le lien infime, invisible et impalpable, peut-être. Ou est-ce encore illusion ? On a beau la chasser, la morale, elle s’insinue, vicieuse, au travers les tissus échancrés des faiblesses. On n’y prend garde, et la voilà qui culpabilise à coup de bien/pas bien, futilité à fonction de dos d’âne ralentisseur ; la morale s’attaque même à l'évolution.
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Commentaires
L'espoir est la volonté d'un avenir meuilleur, bon. Notre morale nous permet de déterminer ce qui est bon, et ce qui est mauvais. L'espoir a-t-il encore un sens sans morale ? Que nous reste-t-il sans espoir ?
Sans morale, reste la nostalgie. Pas le regret, la nostalgie. Celle qui nous fait voir avec tendresse notre innocence passée, avec un pincement au coeur pour ce petit être encore plein d'espoir, plein d'avenir. Si cette vision réveille en nous autre chose que de la tendresse, comme des regrets, de la fierté ou de la colère, alors cette morale, cette illusion est encore là.
Un enfant nourri exclusivement avec des aliments sucré aura bien du mal à apprecier les autres nourritures en grandissant.
Le gout sucré de la morale et de l'espoir flatte nos papilles, mais nous empeche de decouvrir et d'apprecier les autres gouts. Sans l'espoir; point de lendemain, sensation de vide. Car notre palais émotionel n'a finalement connu que ca. Il nous faut alors réapprendre a gouter la vie, à apprecier ces gouts oubliés, moins flatteurs, mais réels. La vision de ce que nous n'avons pas, mais que nous jugeons comme le meuilleur pour nous, a bien meuilleur gout que ce que nous avons devant nous, à notre porté. Pourtant, c'est ce qui se tient devant nous qui est réel. Hélas, bien souvent, notre espoir nous empeche de le sentir, et nous fait passer à coté de ce qui est réellement bon pour nous. Quand on regarde au loin, ce qui est proche nous apparait flou.
Ton avenir ne sert a rien, car tu as un présent. La réalité n'a pas besoin d'espoir pour être. La morale n'a pas de raison d'être sans un grand jugement final, sanctionnant le bien fondé de notre morale. C'est cet hypothétique jugement judeo-chrétien et post-mortem qui fait notre morale occidentale. L'héritage de nos ancêtres, de nos vies passées. Finalement, notre humanité tout simplement
Le sage dit : "Pour ne pas etre désespéré, soit sans espoir." En d'autres termes : Lache prise et accepte la vie.
Mais quelque part, atteindre ce stade de conscience signifie quitter le monde des hommes. Etre parmis eux tout en se placant dans un plan superieur. Cette hauteur donne le vertige. Et ce vertige réveille en nous le réflexe de vouloir ce racrocher a quelque chose. A ce qui nous tient le plus chaud depuis notre enfance. Notre morale, notre espoir. S'élever signifie briser le cercle.
Briser le cercle signifie qu'il n'y aura plus de retour en arrière possible. Cela nécessite d'en faire son deuil. Avoir conscience de tout ca, sans avoir la force de faire son deuil, nous place dans une situation inconfortable. Le cul entre deux chaise. Entre deux styles de vie, dur de trouver sa place. Cela nous ammène plus de questions que de réponses. Et peut nous faire perdre de vue les réponses simples, celle qui ont toujours été dans notre coeur.
Mon coeur me dit que ma morale et mes espoirs ne me servent qu'à masquer mes peurs, mes faiblesses. Ma réalité. Comme un verrou m'empechant de me regarder dans le mirroir. Peut etre qu'un jour j'arriverai à me voir dans le mirroir, a briser le cercle. Ou peut etre que je ne depasserai jamais ma peur...
En attendant, j'ai le vertige.
Ecrit par : L'Ours | 06.11.2007
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