31.08.2007

Panem et circenses

Petit retour sur l'actualité, puisque la pédophilie est "tendance". Histoire de nous faire avaler la pilule des hôpitaux fermés pour délinquants sexuels, on nous a parlé en long, en large et en travers de ce pauvre môme abusé à Roubaix. Son nom, son prénom, son âge, sa photo, la tronche de son père et de son grand-père à la sortie de L'Elysée, le nom du quartier où il habite et tous les détails de ce qu'il a enduré. Je ne doute pas que le viol entrainera sur ce gamin un traumatisme. Mais l'étalage médiatique qu'il en a été fait le marque à vie des stigmates de la victime. Voudrait-il en faire le deuil, autour de lui les gens continueront de le regarder comme le petit garçon qui a été violé dans un garage. Ce viol, il le revivra indéfiniment dans le regard d'autrui. Comme si un premier viol ne suffisait pas, il l'a été une deuxième fois par la presse, la télévision et l'utilisation qu'en a fait Son Sérénissime Empereur des Gaules accompagné par son arabe de service de sinistre de l'injustice.

On nous parle de protéger les gens, et on donne en pature un gamin au voyeurisme malsain d'une population qui se gave de télé-réalité.

 

30.08.2007

Vu à la télé

"Ce qu'on attend de Sarkozy? Et bien sur les 1500 pages du code du travail, il faudrait en supprimer 1499!"

Propos décomplexé tenu par un participant à l'Université d'été du medef, france 3 ce midi.

28.08.2007

Au feu!

Dans l'indifférence générale, l'armée algérienne brûle les forêts de Kabylie. La Grèce s'enflamme et l'Europe ne bouge pas. Ha si! Quatre Canadairs et quelques hommes français, histoire de faire bonne figure.

Les forêts n'appartiennent pas à une quelconque nation: les forêts appartiennent à l'humanité. Mais l'humanité dort, et dormira jusqu'à ce qu'elle ne puisse plus respirer.

21.08.2007

Supermarché

D’abord le parking, alignement de centaines, sans doute de milliers de voitures. A tout heure, il faut s’armer de patience pour trouver une place. Rouler au pas, éviter les chariots qui apparaissent subitement derrière un bosquet de fleurs et de papiers gras; éviter les enfants rendus hystériques par la fièvre consumériste.  C’est en allant le plus loin possible de l’entrée qu’on trouve à se garer.

 

 

Traverser l’immense parking à pied, et constater que les automobilistes tournent et tournent encore aux abords des entrées pour ne pas avoir à marcher.

 

 

Pénétrer dans l’antre de la consommation. Des boutiques alignées : odeurs vaporisées de poulet, de croissant ; une boutique vend des pots pourris qui embaument toute la galerie. Pauvre vendeuse qui doit être imprégnée de cette entêtante odeur mi-fruit mi-chimique. Du bruit, enfants qui braillent et adultes qui hurlent plus fort encore. Jeux vidéos de la boutique envahie d’adolescents boutonneux et d’adultes qui ne le sont jamais devenus. Distributeurs automatiques de billets devant lesquels on s’aligne. Photomatons qui nous rappellent que les papiers d’identité sont choses sérieuses avec lesquels on ne plaisante pas. Coiffeurs et odeurs ammoniaquées, vieilles rombières teintes en rose, jeunes rombières brushinguées,  toutes à l’identique. Zigzaguer entre les chariots. Ici deux familles se sont arrêtées pour dialoguer dans un dialecte mi-français mi-patois enjolivé d’interjections incompréhensibles, les enfants en profitent pour escalader les bancs, les chariots, les arbres en plastiques qui penchent dangereusement.

 

 

Pénétrer enfin dans le supermarché. Des affiches partout pour la super promo de la semaine. Rayon surgelé, pizzas allégées. Rayon produits frais, fromages allégées. Rayon sodas, boissons gazeuses sans sucre. Rayon bouffe pour chiens, croquettes allégées. Personne ne peut y échapper.

Et au milieu des o pour cent tendance, du sans sucre protéiné, du sans rien pour les fesses, du complément pour les cheveux : du gras, du sucre et du conservateur à n’en plus finir.

Cent mètres de dentifrices, deux cents de shampooings, des crèmes pour pas vieillir et d’autres pour bronzer. Douze méthodes d’arrache poils hygiénistes. Cent mètres de livres bricolages et bien être et dix du scolaire Molière.

Ha ! Le scolaire ! Des stylo-plumes jetables, de la colle en tube, en pot, en berlingot, avec plumeau, avec pinceau ; des cartables de super-héros, les vêtements assortis , des bas sexy taille 6 ans, des godasses-à-talons-déforme-dos taille 28, et encore des super-héros cinématographiques en stylo, en cahier, en classeur, en gomme, en règle, en équerre. Du papier coloré, du papier à paillette. Les indispensables gadgets inutiles pour lesquels les enfants couinent, pour lesquels les parents cèdent.

 

 

La caisse et ses magazines télé affichant les visages glamours (contraction de « gland » et d’ « amour » ?) , des boites de chewing-gums d’aspect pharmaceutique, et encore du sucre, et encore du gras. Les bips de la caisse qui percent le crâne. Sur le tapis de cette famille plus qu’obèse, les machins lights insipides côtoient des kilos de chocolat, confiseries, sodas, gâteaux, biscuits au gras saturé et aux conservateurs édulcorés.

La caissière, ses cernes, son sourire forcé presque douloureux. Des vieilles qui râlent, des enfants qui veulent, des parents qui craquent. Le visage qui s’assombrit à l’annonce de la note.

 

 

Sortir de là très vite, retraverser cette galerie pleine de bruits et d’odeurs, atterrir sur un parking où tout un chacun balance les ordures du consommé tout de suite : emballage de barre chocolatée, gâteaux, biscuits, sodas en boites, chips. Encore du gras et encore du sucre.

 

 

J’ai la nausée. C’est la dernière fois que le chien mangera des croquettes. 

20.08.2007

Prisons, centres de rétention, hopitaux psychiatriques; et après?

Après les centres éducatifs fermés pour les mineurs délinquants, Son Sérénissime Empereur des Gaules vient d'annoncer que des hôpitaux fermés accueilleront les délinquants sexuels.

A chaque déviance son enfermement. Il ne va pas rester grand monde dans les rues!

 Bien sûr, la mesure sera populaire. Quand on se mettra à enfermer Roms et Gitans, ça sera peut-être aussi populaire. Et puis, peut-être qu'on enfermera les homosexuels. C'est contre nature, l'homosexualité, c'est bien connu. Alors la mesure sera populaire. On pourrait peut-être aussi créer des centres de rétention pour communistes. Et puis d'autres pour écrivains subversifs. Et des hôpitaux pour remettre dans le droit chemin ces déviants d'anarchistes.

En plus, l'ouverture de tous ces centres et hôpitaux n'ont pas que l'avantage de nous mettre à l'abri des déviances diverses: ils créent des emplois. Ou mèneront à la réinstauration de la peine de mort. Après tout, ce sont les délinquants sexuels qui ont ouvert (malgré eux) la voie au fichage adn généralisé.

Ironie(?) mise à part, certains pays ont développé des solution de prévention qui donnent de vrais résultats. Voir .

11.08.2007

Morituri Popular

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07.08.2007

Les Femmes ont leurs Secrets

Quatre heures que Moshe faisait les cents pas dans le couloir quand enfin Fatima sorti de la chambre.
« C’est une fille ! S’écria-telle
- Grâce à Dieu ! dit Moshé, une fille ! Dieu est grand ! Comment va Sarah ?
- Et comment veux-tu qu’elle aille ? Elle est fatiguée! Laisses la donc se reposer avant d’aller l’embêter avec tes questions d’homme ! Mais ne t’inquiète pas ! Tout c’est bien passé ! »

Fatima avait la réputation d’être la meilleure accoucheuse de Jérusalem. Sa mère lui avait appris le métier, et elle avait prit sa suite quand elle était devenue trop vieille. Quoique les rabbins aient annoncé qu’une musulmane ne pouvait mettre au monde les enfants juifs, des familles juives continuaient à faire appel à elle. En secret. On prétendait ensuite que la mère avait accouchée seule. Les rabbins n’étaient pas dupes, mais Fatima était d’une telle discrétion, d’une telle humilité, que personne n’avait jamais pu prouver qu’elle était présente lors de tel ou tel accouchement. Une fois qu’elle était sûre que la mère et l’enfant se portaient bien, elle sortait par la porte de derrière. Elle et sa mère avait mis tant d’enfants juifs au monde que Sarah disposait d’un laissez-passer permanent. Les soldats autant que les policiers des check-points la connaissaient et se contentaient de faire semblant de ne pas la voir.

Sur l’insistance de Sarah, on prénomma la petite fille Tsipia.

Quelques semaines plus tard, Fatima rendit visite à Sarah. Les deux femmes étaient amies de longue date, n’ayant que faire des conflits qui opposaient leurs peuples, ne se souciant guère non plus de la différence de classe qui les opposaient. Fatima était pauvre, le métier de sage-femme ne rapportait guère. La plupart de ses collègues arrondissaient leurs fins de mois en arrangeant des mariages. Fatima refusait de prendre part à ces pratiques moyenâgeuses.

« Fatima ! Je suis heureuse que Dieu m’ait donné cette enfant ! Mais dans vingt ans, elle sera soldat, comme les autres. Dans vingt ans, peut-être seront-ce tes enfants qu’elle tuera ! »

La mine de Fatima se fit sombre. Ses yeux brillaient d’une colère sourde.

« Sarah ! J’ai vu mourir mon père alors que j’étais encore enfant. Plus tard, j’ai vu mourir mes frères au nom d’Allah. Et bien au nom d’Allah, je jure, ma chère amie, que je n’aurais pas d’enfant ! Je ne mettrais pas au monde les assassins de tes enfants.

- Toi qui mets au monde des enfants chaque jour, tu prétends que tu n’en auras pas à toi ?
- Regarde le trouble qui te ronge lorsque tu songes à l’avenir de ta fille. Chaque jour je vois des enfants naitre et chaque jour je vois des femmes pleurer ! Toutes savent que leurs enfants ne seront jamais vieux et mourront les mains tâchées de sang ! Certains auront même les mains tâchées du sang d’enfants. Chaque jour des pères se réjouissent de voir venir de futurs soldats qui défendront leurs intérêts, et chaque jour des mères prient pour la fin de ce conflit ridicule. J’aurais des enfants lorsque j’aurais l’assurance que nos deux peuples n’en feront ni des guerriers, ni des colons. »

Les années passèrent. Loin de trouver des solutions, les peuples sémites continuaient de se maudire et de s’entre-tuer. Le temps passant, les combats s’intensifiaient alors que peu de gens se souvenaient encore de leur cause. Mais le temps passant, de plus en plus de femmes se joignaient à la cause de Fatima. Au hammam, loin des hommes, les femmes se mettaient peu à peu d’accord. Le message passait d’une communauté à l’autre. Les mères en avaient marre. Elles voulaient que leurs enfants vivent en paix. Elles mirent leurs ventres en grève.

Les premières années, la chute de la natalité passa inaperçue aux yeux des autorités occupées ailleurs. Mais quand il sembla que toute une génération refusait de naitre, les hautes sphères, d’un côté comme de l’autre du mur de la honte, commencèrent à s’en inquiéter. Ces politiciens incapables d’œuvrer pour la paix se réunirent autour d’une même table pour tenter de remédier à ce problème. Ils trouvèrent une solution très simple : ils interdirent toute importation et fabrication de contraceptifs. Les rares touristes qui se présentaient aux frontières se voyaient confisquer pilules et préservatifs. Les femmes portant un stérilet – eussent-ils peur qu’ils soient réutilisés ailleurs ? – se virent interdire l’accès au pays divisé. Les organisations non gouvernementales furent accusées d’inciter les femmes à ne pas faire d’enfant et chassées du pays.
Mais cela ne changea rien. Les femmes ont leurs secrets.

Des centaines de femmes furent répudiées. D’autres encore furent lapidées ou immolées, pour servir d’exemple. Ce fut un massacre comme seule l’Inquisition, en Europe, quelques siècles plus tôt, en avait connu. Mais les femmes préférèrent souffrir en silence que de voir mourir leurs enfants : elles continuèrent de ne pas les faire naitre.
Les politiciens prirent peur et accusèrent les époux d’être de mèche avec leurs femmes. Ils envoyèrent, de part et d’autres, des commandos violer à tout va sur tout le territoire. On forma des bataillons spéciaux, pour ce faire ; des bataillons de jeunes hommes en pleine force de l’âge. Il ne naquit pas plus d’enfants. Les ventres restaient en grève.
Ils organisèrent alors deux grandes récoltes de spermes. Il y eut bien sûr deux banques centrales du sperme : l’une récoltait la musulmane semence, et l’autre les juifs gamètes. On mit en place de grandes rafles de femmes qu’on tenta d’inséminer artificiellement. Mais il ne naquit pas plus de nouveau-nés.

Pensant que les femmes avaient trouvé moyen de se procurer des contraceptifs inconnus, ont leur interdit de sortir de chez elles.

Peu à peu, les derniers nés grandirent et il n’y eu bientôt plus d’enfants dans les rues de Palestine.

L’information circula de part le monde. Partout, les autorités religieuses fustigeaient les femmes sémites. Même le Pape fit de longs discours depuis Rome pour inciter les femmes à faire de nouveau naitre des enfants. Certes ses ouailles n’étaient pas concernées par le phénomène, mais il craignait que cette rébellion ne se rependent de part le monde.

L’ONU s’en mêla et organisa de grande campagne de propagande dans le pays. Une conférence internationale réuni les chefs d’états du monde entier. Mais les tenant des hautes sphères eurent beau mettre leurs réflexion en commun, ils ne trouvèrent pas l’ombre d’une solution.

Puis l’on découvrit que pour une fois le Pape avait vu juste. Partout où régnait des conflits guerriers ou sociaux, la natalité chutait. D’abord, ce fut en Irak, en Afghanistan, dans maints pays d’Afrique Noire, en Colombie que le phénomène se propagea. Tous les laboratoires qui fabriquaient encore des contraceptifs furent brûlés. Mais la grève des ventres se rependit comme une trainée de poudre. Les Etats-Unis furent touchés quand le président annonça une énième guerre de conquête du pétrole. La France abandonna les grèves habituelles au profit de ce nouveau moyen de lutte quand on attaqua une fois de plus son système social. Les chinoises trouvèrent enfin un moyen de lutter contre le régime en place sans qu’on ne tire sur la foule. Partout les gouvernements prirent les mêmes mesures : destruction des contraceptifs, lynchages, viols, inséminations artificielles. Sans plus de succès.

Bien sûr, il naissait toujours des enfants. Les femmes riches dont les familles n’avaient jamais été touchées par la guerre ni par la misère continuèrent à enfanter. Mais quand toute une classe d’âge disparue, ce sont les enfants nés dans les beaux quartiers du monde entier qu’on voulu envoyer à la guerre. Les familles riches retirèrent alors leurs capitaux de l’industrie de l’armement et refusèrent de livrer leurs enfants aux états guerriers qu’ils avaient toujours soutenus.

L’ONU, les religieux, les hommes politiques : tout le monde maintenant suppliait les femmes de ne pas laisser l’humanité disparaitre.

Elles furent de nouveau autorisée à sortir de chez elles et à se réunirent.

Sarah et Fatima se retrouvèrent, accompagnées de Tsipia, qui avait maintenant presque trente ans. Avec d’autres femmes, elles rédigèrent un long communiqué dans lequel elles expliquaient les conditions qu’elles requéraient avant de mettre au monde des enfants. Elles souhaitaient le limogeage de tous les politiques et de tous les industriels qui avaient œuvrés pour la guerre. La destruction de toutes les armes, de tous les engins de guerre et de toutes les unités de fabrication de celles-ci, et la garantie que plus jamais l’on ne prendrait de décisions qui mettraient leurs enfants en danger. Elles précisèrent que si un jour, n’importe où dans le monde, on tentait de recréer une guerre, les femmes du monde entier feraient de nouveau une grève du ventre. Enfin, elles demandèrent que le mur qui séparait Israël et Palestine fût abattu et que l’on cesse de définir des frontières idiotes. Elles voulaient que juifs et musulmans vivent en voisin, simplement.

Dans chaque région du monde, les femmes revendiquèrent la paix et le respect des droits fondamentaux.

Les politiques du monde entier refusèrent de se limoger eux-mêmes. Alors les hommes, cette fois, les citoyens du monde entier descendirent dans les rues. Les soldats déposèrent les armes et brûlèrent leurs uniformes. Un par un, les gouvernements du monde entier tombèrent. L’ONU fut refondée sur de nouvelles bases. Peu à peu, ce que voulaient les femmes advint.

Le premier enfant qui naquit à Jérusalem fut le fils de Tsipia et du neveu de Fatima, Mohamed. On nomma l’enfant Adam.

Longtemps les hommes cherchèrent comment les femmes avaient pu rester stériles si longtemps. Ils n’en surent jamais rien. Les femmes ont leurs secrets.

03.08.2007

Communication du ministère de la guerre.

Comme je suis un peu tête de noeud, j'ai essayé de comprendre pourquoi, à part "Boursorama", aucune forme de presse en ligne ou papier ne parle de l'édifiant courrier mis en note hier.
Voilà un début d'explication. Lors du conseil des sinistres du 1er août, un certain Laurent Teisseire a été nommé Directeur de la Délégation à l’information et à la communication de la défense (DICoD), porte parole du ministère. Là, on se dit "qui c'est ce type"? Alors, toujours sur le site du Ministère de la guerre, on clique sur la biographie du triste sire et on découvre que "De 1995 à 2000, Laurent Teisseire est directeur des fusions/acquisitions et du développement d’Aérospatiale, puis directeur des affaires Airbus à Aérospatiale-Matra."

Le monsieur a sans doute juste jugé bon de prévenir ses p'tits copains de la cour de la Bourse qu'il y aurait bientôt de juteuses affaires à faire.

Allez, lançons les paris: à l'image des Etats-Unis qui attaquent l'Irak, quel sera le premier pays attaqué par la France dans les mois ou les années à venir? Je mise 10 neurones sur l'Iran.

02.08.2007

Alerte!

LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE

Paris, le 31 juillet 2007


Monsieur le Conseiller d'Etat,


Depuis 1994, des évolutions considérables ont bouleversé l'environnement international et les données stratégiques de notre défense et de notre sécurité : attentats du 11 septembre, émergence de nouveaux pôles de puissance régionale, prolifération, effets de la mondialisation et des évolutions technologiques. Parallèlement, la professionnalisation de notre armée et la fin de la conscription ont entraîné des mutations radicales de notre outil de défense. Enfin, aujourd'hui, des choix décisifs pour la défense du pays vont devoir être opérés, et devront se traduire dans la prochaine loi de programmation militaire. Celle-ci devra asseoir la crédibilité de notre défense, dans le respect des contraintes financières qui s'imposent à l'Etat.


Pour prendre en compte l'ensemble de ces paramètres dans une démarche cohérente, j'ai décidé d'engager une réflexion approfondie sur notre politique générale de défense. Elle devra aboutir à l'établissement d'un nouveau Livre blanc. Ces travaux seront conduits sous l'égide d'une commission dont j'ai décidé de vous confier la présidence.

Le futur Livre blanc définira un concept de défense globale de notre pays et de ses intérêts. Il portera sur les domaines de la défense et de la sécurité. Il devra couvrir une perspective d'une quinzaine d'années, tout en ayant vocation à être actualisé régulièrement.

Vous fonderez vos travaux sur l'analyse des nouvelles données du contexte international, économique et stratégique, l'évaluation des risques et menaces potentielles, dans le souci constant d'assurer la protection des populations et du territoire, mais également des Français de l'étranger, de garantir l'indépendance du pays et la préservation de ses intérêts stratégiques dans leurs acceptions les plus larges.

Sur cette base, votre étude, ainsi que les propositions que vous serez amené à formuler, devront concerner notamment l'évolution de nos alliances, de nos accords de défense et l'examen des conditions d'emploi de nos armées en opérations extérieures. Je vous demande d'accorder une attention particulière au renforcement de la dimension européenne de notre politique de défense et de sécurité ainsi qu'à notre contribution à la sécurité de l'Alliance atlantique dans son ensemble.


Vous examinerez les conditions de la crédibilité de notre force de dissuasion. Vous étudierez la pertinence du format des armées et de leurs implantations, la cohérence de l'effort de renseignement, de l'effort industriel, technologique et scientifique nécessaire à notre capacité de défense, les conditions d'organisation de la défense civile et de la défense économique et le renforcement de leur coordination avec la défense militaire, dans le souci d'assurer le fonctionnement régulier des pouvoirs publics, de développer les moyens de lutte contre le terrorisme et la prolifération, et d'améliorer la prévention et la gestion des crises. Les conséquences économiques et sociales des orientations proposées devront être examinées. Enfin, il vous est également demandé de formuler des propositions sur le renforcement de l'implication du Parlement dans la définition et la mise en œuvre de notre politique de défense.


Votre réflexion sera conduite sans préjugé ; elle permettra d'aborder de façon ouverte et transparente les choix auxquels nous serons confrontés pour adapter notre outil de défense, pour renforcer le lien entre la Nation et ses armées, et pour organiser la mutation de l'appareil industriel et de recherche dans un cadre national comme européen. Elle s'inscrira dans une démarche visant à maintenir et à conforter un effort de défense d'environ 2% du PIB.

Dans vos travaux, vous veillerez donc à tenir compte étroitement des constats qui seront établis dans le cadre de la révision générale des politiques publiques, tout particulièrement s'agissant de la revue stratégique des programmes d'armement.


Vous vous appuierez sur une Commission faisant largement appel à des personnalités de la société civile, incluant des représentants du Parlement désignés par les présidents de l'Assemblée Nationale et du Sénat, ainsi que les responsables civils et militaires des administrations concernés. Compte-tenu de la priorité que j'entends donner à l'Europe de la défense, je vous demande d'organiser les échanges appropriés avec nos principaux partenaires européens au cours des travaux.

Le secrétariat général de la commission sera assuré par le secrétaire général de la défense nationale. Je donne instruction aux différents ministres concernés de vous apporter leur plein concours et celui de leurs administrations.

Je souhaite disposer du futur Livre blanc début mars 2008. Il devra être précédé d'un point d'étape à la fin de l'année 2007.


Je vous prie de croire, monsieur le Conseiller d'Etat, à l'assurance de mes seSource: ntiments les meilleurs.




Nicolas SARKOZY


M. Jean-Claude Mallet
Conseiller d'Etat et ancien secrétaire général de la Défense nationale

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